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Editorial
« Écrire et Résister » : Nous avons voulu mettre en relation et par là même en question l'acte d'écrire en berbère ou pour les Berbères et celui de résister. En quoi l'écriture est-elle une résistance à la négation, à l'aliénation voire à la disparition de la culture de la littérature berbères ? C'est une conviction communément partagée qu'écrire en berbère pour les Berbères relève d'un choix existentiel qui place l'auteur au premier front de la revendication identitaire.
Écrire n'est pas pour les Berbères un acte gratuit, un loisir mondain, c'est une résistance.
Mais cette résistance est-elle rupture, violence ou le dernier chant d'un «signe» qui se meurt ? De plus, la cristallisation de la résistance sur l'écriture ne risque-t-elle pas d'aboutir à une idolâtrie du moyen, à une sacralisation de l'écrit en berbère au détriment de tout autre critère de jugement ?
Une résistance littérale, scripturale implique nécessairement des valeurs, des idées, si ce n'est une idéologie, communes aux acteurs (auteurs) de cette résistance. Or, la posture de l'écrivain « résistant » n'est-elle pas alors problématique ? Où placer les choix esthétiques de chaque auteur ?
Interroger les rapports entre « écrire et résister » c'est aussi une manière de lire d'un oeil particulier la littérature berbère dont nous postulons l'existence.