Pourquoi
un hommage à Mohia
I
wid idekkiṛen
A
win iheddren fell-i
Nekk ɣur-i terreẓ ccada-k
Tessuliḍ-i s igenni
Iqqim-iyi-d ala ayla-k
Ma yella tkemmel akkagi
Ɣas ṭṭef imi-k nniɣ-ak
Mohia
Mohia
n’a jamais aimé qu’on parle de lui et
s’il avait fallu le suivre toutes les choses
qu’il a produites n’étaient que des
“bêtises” qui n’avaient pas beaucoup
d’intérêt et qui au mieux n’ont été faites
que pour divertir et passer le temps.
Pourquoi alors évoquer un homme qui n’a jamais
voulu être sous les feux de la rampe, même quand il
faisait du théâtre, un créateur dont la modestie
n’avait d’égale que la rigueur? Est-ce
aller contre sa volonté que de parler de lui? que de
montrer combien la qualité de ce qu’il a fait,
malgré ce qu’il en dit, contraste singulièrement
avec la production littéraire kabyle actuelle? que de
vouloir faire connaître un homme et une oeuvre qui sont
malheureusement peu connues des jeunes générations?
L’œuvre et ce qu’elle fait résonner
(et pour Mohia on pourrait dire aussi raisonner) en
nous doivent-ils disparaître avec l’homme?
D’illustres exemples dans l’histoire
littéraire universelle montre que des oeuvres
d’une qualité exceptionnelle auraient disparu si
on avait suivi les dernières volontés des auteurs.
Virgile en est un exemple manifeste qui voulait que ses
amis brûlent l’Enéide,
chef d’oeuvre de la littérature latine, parce
qu’elle était inachevée.
Que Mohia nous pardonne donc cet hommage amplement
mérité!